lundi 28 septembre 2026 - 22:00
L’islam a-t-il été injuste envers la femme ?
L’islam a-t-il été injuste envers la femme ?

Hawzah / En islam, la dignité de chacun se mesure à sa piété, et non à son sexe. Dans le verset 35 de la sourate al-Ahzab (33), le Coran énumère, de manière égale pour l’homme et la femme, dix vertus humaines et leur promet à tous deux la même récompense.

(A. P. Hawzah) l’une des objections les plus importantes formulées par les opposants à l’islam consiste à prétendre que l’islam n’accorde pas à la femme une place éminente et qu’il n’a pas établi l’égalité et la justice entre l’homme et la femme.

Pourquoi, dans l’islam, les droits de la femme ne sont-ils pas respectés et pourquoi n’y a-t-il pas d’égalité entre l’homme et la femme ?

Certains opposants à l’islam et certains féministes avancent parfois que l’islam n’accorde pas à la femme une place éminente et qu’il lui a fait subir une injustice. Selon eux, la loi islamique et la société islamique n’auraient pas accordé à la femme une place élevée, et eux seuls seraient favorables à la femme et à ses droits, en défendant l’idée de droits identiques pour l’homme et la femme.

La réponse :
Premièrement, dans le Saint Coran, le critère de la valeur de l’être humain auprès d’Allah est explicitement la piété, et non le sexe. Allah dans le coran dit :

إِنَّ أَکْرَمَکُمْ عِنْدَ اللَّهِ أَتْقَاکُمْ.

Le plus noble d’entre vous, auprès d’Allah, est le plus pieux. (La sourate al-Hojorat, verset 13)

Donc selon l’islam, la supériorité et la dignité de l’être humain ne dépendent pas de son sexe, mais de sa piété et de sa servitude envers Allah.
Faites-attention qu’Allah n’a pas dit : « Le plus noble d’entre vous auprès d’Allah est celui de vos hommes ou de vos femmes » ; Il a plutôt établi comme seul critère la piété. Ainsi, dans l’islam, la supériorité et la dignité de l’être humain ne sont pas liées à son sexe, mais à sa piété et à son adoration d’Allah.

Deuxièmement, dans la noble sourate al-Ahzab, près de dix critères de valeur et de vertu sont présentés de manière égale entre l’homme et la femme. Allah dit :

إِنَّ الْمُسْلِمِینَ وَالْمُسْلِمَاتِ وَالْمُؤْمِنِینَ وَالْمُؤْمِنَاتِ وَالْقَانِتِینَ وَالْقَانِتَاتِ وَالصَّادِقِینَ وَالصَّادِقَاتِ وَالصَّابِرِینَ وَالصَّابِرَاتِ وَالْخَاشِعِینَ وَالْخَاشِعَاتِ وَالْمُتَصَدِّقِینَ وَالْمُتَصَدِّقَاتِ وَالصَّائِمِینَ وَالصَّائِمَاتِ وَالْحَافِظِینَ فُرُوجَهُمْ وَالْحَافِظَاتِ وَالذَّاکِرِینَ اللَّهَ کَثِیرًا وَالذَّاکِرَاتِ أَعَدَّ اللَّهُ لَهُمْ مَغْفِرَةً وَأَجْرًا عَظِیمًا.

Les Musulmans et Musulmanes, croyants et croyantes, obéissants et obéissantes, loyaux et loyales, endurants et endurantes, craignants et craignantes, donneurs et donneuses d’aumônes, jeûneurs et jeûneuses, gardiens de leur chasteté et gardiennes, invocateurs souvent d’Allah et invocatrices : Allah a préparé pour eux un pardon et une énorme récompense. (Sourate al-Ahzab, verset 35)

Dans ce verset, dix vertus et critères de valeur sont mentionnés de manière parfaitement égale et symétrique pour l’homme et la femme : l’islam, la foi, l’obéissance, la véracité, la patience, l’humilité, l’aumône, le jeûne, la chasteté et le rappel d’Allah. À la fin, Allah accorde également aux deux groupes le pardon et une immense récompense, sans établir de différence entre eux.

Un autre point auquel il convient de prêter attention est qu’à la fin du verset de la sourate al-Ahzab, Allah a préparé pour tous — c’est-à-dire aussi bien pour les hommes que pour les femmes — le pardon et une immense récompense. Cela signifie qu’Allah les mentionne tous une seule fois ensemble et, à la fin, établit la récompense de manière identique pour les deux groupes, au lieu de dire chaque fois séparément : « Ô hommes qui avez cru » et « Ô femmes qui avez cru ».

Cela alors même que, dans la langue arabe, il existe une distinction entre le masculin et le féminin, tout comme, en anglais, il existe une différence entre « he » et « she ». En arabe également, les formes grammaticales masculine et féminine sont distinctes et, si le Coran devait à chaque fois s’adresser séparément aux deux sexes, le volume des versets augmenterait considérablement.

Or, le Coran est un Livre venu pour l’ensemble de l’humanité et, dans de nombreux cas où l’adresse est générale, il emploie la forme masculine ; car, en langue arabe, la forme masculine peut être employée comme une adresse générale englobant les deux sexes. Ainsi, lorsque le Coran dit :

یَا أَیُّهَا الَّذِینَ آمَنُوا کُتِبَ عَلَیْکُمُ الصِّیَامُ

Ô les croyants ! On vous a prescrit le jeûne comme on l’a prescrit à ceux d’avant vous, ainsi atteindrez-vous la piété. (La sourate al-Baqarah, verset 183)

Cette adresse englobe de manière égale les hommes et les femmes croyants et n’est nullement réservée aux hommes. En réalité, dans de tels cas, la forme masculine constitue une adresse générale qui englobe les deux sexes, et cela fait partie des particularités de la langue arabe.

Par conséquent, lorsque le Coran emploie quelque part la forme masculine, cela ne signifie pas qu’il néglige les femmes ou qu’il accorde une supériorité aux hommes ; il s’agit plutôt d’un procédé courant de la langue arabe. Cela apparaît clairement dans le verset 35 de la sourate al-Ahzab, dans lequel Allah mentionne séparément et symétriquement les dix critères de valeur pour l’homme et pour la femme, afin qu’aucun doute ne subsiste quant à l’égalité de la valeur de l’homme et de la femme auprès d’Allah. Tous les exégètes chiites et sunnites s’accordent à considérer que, dans des versets tels que « Ô vous qui avez cru », l’adresse concerne l’ensemble des croyants, hommes et femmes.

Cependant, dans le verset 35 de la sourate al-Ahzab, le Coran mentionne une fois, de manière explicite, les dix critères de valeur séparément pour l’homme et pour la femme, afin qu’aucune ambiguïté ne subsiste :

L’islam, la foi, l’obéissance, la véracité, la patience, l’humilité, l’aumône, le jeûne, la chasteté et le rappel d’Allah.

Et Il dit à la fin :

أَعَدَّ اللَّهُ لَهُمْ مَغْفِرَةً وَأَجْرًا عَظِیمًا

Allah a préparé pour eux un pardon et une énorme récompense.  

Cela signifie que ces critères, qu’ils soient présents chez un homme ou chez une femme, ont auprès d’Allah la même valeur et donnent lieu à la même récompense. Voilà l’enseignement même du Coran, et il est parfaitement clair.

Cependant, dans la société islamique, et particulièrement dans la société chiite, la place de la femme est bien plus élevée que ce que les opposants imaginent. La meilleure preuve en est le sanctuaire de Sayyeda Fatima al-Ma‘soumah (que la paix d’Allah soit sur elle).

Sayyeda Fatima al-Ma‘soumah (que la paix soit sur elle) est la fille de l’Imam Musa al-Kazim (que la paix soit sur lui) et la sœur de l’Imam al-Réza (que la paix soit sur lui). Elle est une femme qui, par sa piété, sa foi, son adoration et ses éminentes vertus divines, est parvenue à un rang tel qu’aujourd’hui, des millions de musulmans venus de différentes régions et de différents pays du monde, parcourent parfois des milliers de kilomètres afin de venir accomplir sa ziyârah et de rechercher, auprès de son sanctuaire, l’intercession et le rapprochement auprès d’Allah.

Cela constitue en soi la meilleure réponse aux féministes et aux opposants à l’islam : si l’islam n’accordait pas à la femme une place éminente, comment une femme aurait-elle pu atteindre un tel rang, au point que son sanctuaire devienne un foyer d’amour, de foi et de recours spirituel pour des millions de personnes ? Ce rang n’a pas été obtenu en raison du sexe, mais grâce à la piété, à la foi et à la servitude sincère envers Allah.

L’expression de l’amour et de la vénération envers cette noble dame, ainsi que sa ziyârah, constituent elles-mêmes un témoignage manifeste de la haute place accordée à la femme dans l’islam. Cette vénération et cette ziyârah montrent combien la femme peut atteindre un rang élevé lorsqu’elle est douée de piété.

Aujourd’hui, nous constatons que des dizaines et, selon certains, près d’une centaine de grands savants sont enterrés aux côtés de Sayyeda Fatima al-Ma‘soumah (que la paix soit sur elle). Leur fierté, pour ces grandes personnalités scientifiques et ces génies du monde islamique, était de venir lui rendre visite de leur vivant et, après leur mort également, d’être enterrés à proximité de son sanctuaire.

Ainsi, si la femme n’a aucune valeur dans l’islam, comment cette noble dame de l’islam aurait-elle pu atteindre un tel rang ? Et pourquoi tant de musulmans lui accordent-ils une telle importance avec amour et dévotion et accourent-ils de toutes les régions du monde pour accomplir sa ziyârah ?

Cette vénération et ce rang constituent en eux-mêmes une réponse claire à toutes les prétentions des opposants : une femme qui, par sa piété et ses vertus, est parvenue à un tel rang est devenue aujourd’hui un foyer d’amour et de dévotion pour des millions de musulmans à travers le monde.

Ainsi, dans l’islam, ce qui importe et ce qui possède de la valeur dans la société islamique, ce sont les valeurs religieuses ainsi que les véritables valeurs humaines ; la question du sexe n’entre nullement en considération. Et si certaines prescriptions religieuses diffèrent entre l’homme et la femme, cette différence est précisément fondée sur la sagesse ; et s’il en était autrement, ce serait incorrect.

Si, dans certains domaines, les prescriptions religieuses consistaient en une égalité parfaitement identique, cette même égalité serait l’injustice même et l’irrationalité même. Certains ont pensé que la justice signifie l’égalité ; pourtant, la justice est différente de l’égalité.
C’est comme si un père revenait d’un voyage et voulait rapporter des cadeaux à ses enfants. Il a une fille et un garçon ; il souhaite donc acheter quelque chose pour chacun d’eux. Par exemple, il achète une poupée pour sa fille et son fils. Mais sa fille aime beaucoup les poupées, alors que les garçons, dans la plupart des cas, n’y prêtent absolument pas attention. Est-ce là une égalité juste ?

Ou, par exemple, ses enfants ont respectivement dix, quinze et vingt ans. S’il voulait acheter pour tous le même vêtement de la même taille et disait : « J’ai respecté l’égalité », s’agirait-il d’égalité ? Non, ce ne serait pas de l’égalité ; ce serait ignorer leurs différences et leurs besoins réels.

La véritable justice consiste donc à prendre en considération les différences et les besoins de chacun, en fonction de sa situation et de son rang, et non à considérer tout le monde comme identique et égal en toutes choses. L’islam, lui aussi, a établi sur cette base, pour l’homme et pour la femme, des prescriptions adaptées aux caractéristiques et aux rôles de chacun ; cela constitue précisément la justice et la sagesse, et non l’injustice ou la discrimination.

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